Le coût de la nouvelle salle Quérandeau, révélateur de la seule priorité du maire sortant

Les travaux de salle Quérandeau 2 vus en juin 2018 par la Google-Car
Les travaux de salle Quérandeau 2 vus en juin 2018 par la Google-Car

Les conditions dans lesquelles le maire sortant de Saint Jean d'Illac a attribué, à quelques mois des élections, le marché de construction de la nouvelle salle Quérandeau montre tout le mépris qu'il a pour les Illacais, qui sont juste bons à payer ses caprices, par leurs impôts et par la dégradation de leur cadre de vie. Mépris affiché aussi envers les élus du conseil municipal puisque ce n'est pas à eux que le maire sortant répond sur l'explication de l'ultime dérapage des coûts de la nouvelle salle mais au journal Sud Ouest.

L\'article de Sud Ouest concernant le surcoût de la salle Quérandeau
L'article de Sud Ouest concernant le surcoût de la salle Quérandeau

L'autorisation de programme « Quérandeau II » est mise à jour une première fois lors du conseil municipal du 12 mars 2019. Le montant prévu initialement à 5,1 millions d'euros est actualisé à 5,8. C'est déjà une évolution significative, justifiée par le maire sortant en séance : « L'estimation qui avait été annoncée jusqu'à maintenant se basait sur un chiffrage de la programmiste et non sur un avant-projet. L'écart s'explique également, puisque nous avons différé le projet dans le temps, depuis 2 ans, par une réévaluation des coûts. »

L\'autorisation de programme votée le 12/03/2019
L'autorisation de programme votée le 12/03/2019

On notera que ce n'est pas la faute du maire sortant si les coûts explosent mais soi-disant celle de la « programmiste » et du retard de 2 ans. L'histoire ne dit pas quelle est la part de faute de chacun pour expliquer ces 700.000 euros d'inflation, et s'il est normal qu'un projet différé de 2 ans augmente autant.

Lors de l'attribution du marché, telle qu'exposée en séance du conseil municipal du 19 septembre, nouvelle inflation puisque le coût total atteint désormais 6,75 millions d'euros, soit près d'un million supplémentaire, et donc un surcoût de 1,6 million d'euros en 2 ans.

Nouvelles explications données (à Sud Ouest, donc) : d'une part le maire sortant accuse les Illacais d'être responsables du retard de 2 ans du fait des « obstacles judiciaires à la vente des espaces verts », d'autre part il explique la nouvelle inflation par à « une erreur d'évaluation du gros oeuvre par le bureau d'études » et par un argument des plus savoureux, à savoir « la consultation des entreprises arrivée dans un contexte chargé en appels d'offres, conséquence les sociétés étaient en position de force pour faire grimper les enchères ».

On notera que le surcoût n'est toujours pas de la faute du maire sortant mais celle des Illacais, du bureau d'études (sans oublier la programmiste précédemment) et des entreprises qui profiteraient de la situation et donc de la faiblesse du maire sortant.

Et pourtant, au vu du montant de ce marché très supérieur au budget prévu, le maire aurait très bien pu déclarer le marché infructueux pour « offre inacceptable ». Ce qui décalait certes le projet mais préservait les intérêts financiers des Illacais.

Cela n'aurait pas été anormal pour un coût de 6,75 millions d'euros, à comparer aux 4,2 millions d'euros investis en moyenne chaque année depuis 2014, y compris investissements récurrents et entretien du patrimoine de notre ville.

S'il n'a pas actionné cette possibilité d'« offre inacceptable », c'est donc que le maire considère que le dépassement de près de 1 million du budget de 5,8 millions d'euros prévu avant la passation du marché ne pose pas de problème particulier : il suffit d'ajouter une colonne 2021 à 950.000 euros à un tableau Excel et de vendre des espaces verts pour 3,7 millions en tout.

L\'autorisation de programme actualisée le 19/09/2019
L'autorisation de programme actualisée le 19/09/2019

Mais Excel ne suffira pas à sauver le maire sortant du naufrage puisque, sur les 1,7 millions d'euros prévus en recettes suite à des sessions d'espaces verts en 2019, rien n'avait été encaissé à la mi-septembre, comme en alertait l'adjoint aux finances dans un mail aux élus du groupe majoritaire du 17/09.

Il y a bien de quoi s'alerter, et même s'alarmer. Le maire sortant s'entête, pour son bon plaisir, à lancer un projet démesuré au regard des besoins des associations illacaises et ruineux pour les contribuables.

En octroyant le marché à un prix délirant et en posant la première pierre dans la précipitation en pleine période de réserve, le maire sortant montre sa seule priorité : mener sa campagne électorale aux frais des Illacais, plutôt que gérer leurs deniers en bon père de famille.


texte publié par
Patrick BABAYOU
20 OCTOBRE 2019

 


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